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La Marseillaise - 27/11/09 Les Amoureux au ban public interpellent les édiles locaux et le Ministre de l’immigration.
Petit rappel à la loi. Demain à 15 heures, un drôle de cortège devrait animer les abords de la mairie centrale de Marseille. Organisé à l’initiative du collectif des Amoureux au ban public, l’événement devrait également se dérouler ailleurs en France. Il célèbrera l’union symbolique d’un couple franco-étranger. A cette occasion, les mariés déposeront des courriers destinés au Ministre de l’immigration et aux maires locaux.
Non, il ne s’agira pas de missives à l’eau de rose. Témoignages à l’appui, ces lettres ont pour but d’interpeller les responsables politiques sur les difficultés rencontrées par les couples dits « mixtes ». « On voudrait les sensibiliser et solliciter un entretien avec les maires de Marseille et des communes environnantes », explique Isabelle Robin, une bénévole. Le ministre Eric Besson recevra donc une quarantaine de témoignages. Il pourra ainsi juger des problèmes évoqués par le collectif : « Confidentialité, délais d’attente, imbroglio juridique », les difficultés rencontrées dans les consulats semblent légion.
A cela s’ajoute un contexte qui, au regard des Amoureux au ban public, paraît préoccupant. Entre l’instauration par le Ministère d’un « groupe de travail sur la lutte contre les mariages de complaisance » et des propositions de loi allant dans le même sens (lire ci-contre), les craintes se multiplient. Si bien que certains, comme Philippe Dieudonné, membre de la Ligue des droits de l’homme (LDH), y perçoivent la mise en œuvre d’une « idéologie d’extrême droite ».
La liberté d’aimer
Les Amoureux au ban public, revendiquent simplement « la liberté d’aimer et de se marier avec la personne de son choix ». Car, pour certains couples franco-étangers, cette requête s’annonce peu évidente. En atteste cette jeune femme présente hier dans les locaux du collectif marseillais*. « Au bout de trois ans de vie commune et un an de mariage [célébré en France, ndlr], le consulat français en Turquie ne reconnaît toujours pas notre union, se désole l’épouse. Il est parti pour faire son visa et maintenant il est coincé là-bas ! »
Même consternation pour Paco qui s’est marié au Chili. « Nous avons emménagé ici depuis huit mois mais nous n’avons toujours pas réussi à faire retranscrire notre acte de mariage par les autorités françaises », tonne ce dernier. Entre les difficultés d’obtention d’une carte de séjour pour son épouse et les diverses enquêtes auxquelles le couple doit se plier, Paco s’interroge. Au point de se demander « s’il ne vaudrait pas mieux repartir au Chili ». De quoi décourager les couples mixtes qui tentent de s’unir en France. D’autant que, selon les témoignages recueillis par les Amoureux au ban public, certaines mairies locales auraient également tendance à compliquer les procédures des couples mixtes souhaitant se marier. Le collectif marseillais joindra donc aux courriers qu’il enverra samedi un petit « guide juridique à destination des maires et des agents d’état civil ». Histoire de rappeler quelques textes fondamentaux, comme la constitution et autres conventions internationales de protection des droits de l’homme…
MARJOLAINE DIHL
*8bis rue Jean Marc Cathala, Marseille (2e). Le guide est lisible sur http://amoureuxauban.net amoureuxauban13@gmail.comCet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir
Version en ligne : http://www.lamarseillaise.fr
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