Nov 212013
 
ouest-france

L'association Les amoureux au ban public dénonce la suspicion sur les mariages mixtes trop souvent considérés comme une immigration subie.

Martine Meliani se souvient de sa rencontre avec un vice-consul de France au Maroc, avant son mariage avec son mari marocain. Bouleversée, elle est sortie sonnée de menaces. « Tour à tour, il m'a demandé si je faisais partie d'une filière de mariages blancs. Si je me rendais compte que je me faisais avoir, que j'étais dans le social. »

La militante de l'association Les amoureux au ban public, qui aide les couples franco étrangers, raconte « cette sensation d'être une citoyenne de seconde zone ».

« Tout de suite, on vous lance des a priori. Le mariage franco étranger est considéré comme une immigration subie, s'indigne Martine Meliani. On en a marre de cette suspicion continuelle. On veut être considérés comme de vrais amoureux. »

Martine Meliani interroge : « Les mariages sont considérés comme un moyen de régulariser sa situation. Est-ce qu'on va suspecter ma voisine de se marier pour des avantages sociaux? »

Des élus devant les tribunaux

Avant le mariage, le couple passe une audition en mairie devant un élu officier d'état civil. « Les questions sont parfois très, très intimes. » Si l'officier a « des indices, des doutes sérieux »sur la réalité du lien au sein du couple, il saisit le procureur de la République qui diligente une enquête policière.

« Malheureusement, pour de nombreux maires, cette démarche est systématique », assure Martine Meliani. Régulièrement des couples aidés par l'association mènent ces élus devant le tribunal administratif de Nantes. « Il faut faire respecter cette égalité qui est inscrite au fronton des mairies. »

En revanche, pour ce couple franco congolais qui vit à Vannes, les démarches ont été rapides. « On n'a pas eu à passer d'audition en mairie. » Il a dû simplement démontrer qu'il vivait ensemble. Et il a obtenu, sans mal, de Brazzaville, le certificat dit de coutume qui énonce les règles pour se marier au Congo, et permet la transcription du mariage français.

Souvent, les couples attendent des mois ce certificat de coutume, certains pays, comme le Sénégal, ne les délivrent pas. Or, insiste Martine Meliani, ce certificat demandé par les maires n'est pas obligatoire. « Un couple vient de conduire, pour cette raison, un maire finistérien devant le tribunal administratif. »

Mardi 19 novembre, à 20 h, salle Henri Matisse, à Ménimur. Diffusion du film Les amoureux au ban public. Une sensibilisation aux conditions de vie des couples mixtes avec l'intervention d'une bénévole de l'association Les amoureux au ban public et le témoignage de couples.

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 Publié par le 21 novembre 2013

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