Août 142015
 

Les Amoureux au ban public ont eu à plusieurs reprises l’occasion de relayer les témoignages de couples belgo-étrangers sur leur site. De l’autre côté de la frontière, les amours binationales n’échappent pas non plus aux difficultés administratives…

Aujourd’hui, nous relayons le billet de Léa Lemaire (Blog Médiapart) qui raconte la tentative de mobilisation de couples séparés par le placement en centre fermé des conjoints en situation irrégulière.

Manifester contre les centres fermés en Belgique : une action politique impossible ?

07 août 2015 | Par Léa Lemaire
Le 9 juillet 2015, la Coordination contre les Rafles et les Expulsions et pour la Régularisation (CRER), annonce une mobilisation inédite : une manifestation de femmes devant le 127 bis, un centre fermé à proximité de Bruxelles. Ces femmes revendiquent la libération de leurs conjoints, placés en détention en vue de leur rapatriement. Après avoir été annoncée, l’action est annulée puis reportée. Le 12 juillet, une poignée de femmes se retrouve devant le 127 bis, accompagnée par quelques militants. Ils sont rapidement dispersés par la police. Les aléas rencontrés par cette mobilisation témoignent des difficultés à s’opposer à l’enfermement des étrangers en Europe. La situation dans laquelle sont placées les personnes en centre fermé est telle que la contestation s’avère presque inenvisageable.
La mobilisation du 9 juillet est lancée par Amal, dont le compagnon s’est fait embarquer par la police un beau matin de juin 2015, sous les yeux de ses enfants pour être placé en centre fermé. Il a été libéré depuis et le couple s’est marié récemment. Si leur séparation forcée s’est soldée par des retrouvailles, beaucoup d’autres couples sont toujours maintenus à distance. Amal raconte justement qu’elle ne voyait que des couples au parloir, lorsqu’elle rendait visite à son futur mari au 127 bis. Elle dit avoir réalisé à ce moment-là « qu’il fallait faire quelque chose » et ce à juste titre. La plupart de ces hommes séparés de leurs compagnes, s’ils n’ont pas de titre de séjour régulier, résident depuis un certain nombre d’années en Belgique. Avant d’être incarcérés au 127 bis, ils exerçaient une activité professionnelle. L’un était coiffeur, l’autre cuisinier. Mais au regard des autorités belges, le fait d’être installé en Belgique ne constitue pas un argument suffisant pour avoir le droit d’y séjourner. A ce titre, un homme est sommé de quitter le territoire alors qu’il s’est marié civilement en Belgique et que son épouse possède un permis de séjour permanent. L’administration statue sur ce cas en stipulant que l’éloignement des deux conjoints « n’est pas une exigence disproportionnée par rapport au droit à la vie privée et familiale1 étant donné qu’il n’implique pas une rupture des relations familiales ».

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