Nov 072017
 

Novembre 2017 : un nouveau collectif des Amoureux au ban public voit le jour à Albi dans le Tarn !

Laetitia et Nina présente le Mouvement des Amoureux au ban public, les difficultés des couples binationaux face à l’administration, et leurs futures activités sur les ondes de Radio Albigés (média collectif d’action locale).

A écouter en podcast : https://hearthis.at/radio.albiges/decouverteaamoureuxpad/

Nov 032017
 

Le 19 octobre 2017, les Amoureux au ban public étaient invités à prendre la parole en direct à l’antenne de France Inter dans le cadre de l’émission « La Bande Originale ».

C’est à l’occasion de la sortie de la comédie « Épouse-moi mon pote » réalisée par Tarek Boudali, invité de l’émission aux côtés du comédien Philippe Lacheau, que Nagui et son équipe se sont intéressés à la situation des couples binationaux en France aujourd’hui.

Au regard des événements présentés dans le film, qu’ils soient crédibles ou non, il a donc été question des difficultés rencontrées rencontrées par les personnes en couple avec une personne de nationalité française et qui se trouvent être en situation irrégulière.

Juliette Devos, coordinatrice juridique des Amoureux au ban public, a donc eu la lourde tache d’intervenir au micro de France Inter face à une équipe survoltée et conquise par le film, qui manie pourtant de nombreux préjugés et ce sur différentes thématiques : de l’immigration à l’homosexualité en passant par l’apparence physique.

Retrouvez le podcast de l’émission sur le site de France Inter (intervention de Juliette à 42’30)

Nov 032017
 

« Ah mais vous deux, c’est exactement comme dans ce film, c’est trop rigolo ! »

– Pourquoi la plupart des comédies françaises sur les couples mixtes ne nous font pas rire –

Prenons quelques exemples de comédies françaises assez récentes :

  • Mauvaise foi, 2006 (de Roschdy Zem / 789 733 entrées)
    Le couple Clara (de confession juive) et Ismaël (de confession musulmane) sont heureux, jusqu’à ce que les familles respectives entrent en jeu.
  • Il reste du jambon ?, 2010 (de Anne Depétrini / 787 279 entrées)
    « La jolie blonde parisienne et le grand brun de Nanterre » (citation allociné) ont eux aussi des difficultés à faire respecter leur amour par leurs familles.
  • Qu’est-ce qu’on a fait au bon dieu ? 2014 (de Philippe de Chauveron /  12.3 millions d’entrées en France, succès international)
    Un couple bourgeois français a du mal avec le fait que leurs filles se marient chacune à un individu issu d’une « minorité » : « la première avec un musulman, la seconde avec un juif, la troisième un chinois, et la cadette un bon catholique, noir » (citation allociné).
  • Épouse-moi mon pote, 2017 (de Tarek Boudali / sortie le 25 octobre, première semaine : 970 435 d’entrées)
    Un étudiant marocain perd son droit au séjour. Menacé d’expulsion, il arrange un mariage avec son « pote » dans une salle de mariage vide, avec des témoins qui font la tête, et une grande hésitation avant le baiser…

Les thèmes que ces films évoquent sont certes liés à des réelles questions : incompréhension ou même rejet de la famille, difficultés à accéder au droit au séjour, différences dans les habitudes culturelles…

Néanmoins, la manière de les présenter n’incite pas tout à fait à la réflexion. D’une part, parce que le propos ne va pas bien loin, ni dans les questions soulevées, ni dans les réponses apportées.

D’autre part, et c’est probablement pire encore, certaines représentations simplistes tendent à renforcer les idées reçues. Quand bien même il s’agit de comédies, dont l’objectif essentiel est de faire rire et d’offrir aux spectateurs un moment de lâcher prise et de détente, ces films mobilisent des stéréotypes notamment dans le processus de construction de leurs personnages, souvent très caricaturaux. Ils véhiculent ainsi des schémas de pensée limités, qui à force d’être répétés et vu par des milliers voire des millions de spectateurs, se propagent librement quitte à en devenir dangereux. Un effet psychologique, le biais de confirmation, renforce ainsi nos préjugés en donnant aux informations qui semblent confirmer nos a priori un aspect plus pertinent. De plus, le phénomène du framing décrit bien la force que les stéréotypes déploient par leur répétition : Parfois traduit « cadrage » en Français, c’est le processus de mis-en-contexte d’un terme ou d’une notion qui détermine par la suite sa perception se limitant donc à un certain cadre de compréhension. Par exemple, si la notion de « étranger » est souvent liée par son contexte à « illégal » ou même « criminel » dans les films et articles de presse, cela tisse des liens inconscients mais puissants dans notre perception du monde, liens que nous pouvons appeler aussi « idées reçues »…

« Épouse-moi mon pote » accorde une nouvelle fois de trop la grande scène au cliché épouvantable du « mariage blanc » à la va-vite, oublie généreusement les questions de rigueur bureaucratique et la peur réelle des couples. La grande présence de cette image de mariage blanc fait pourtant des victimes bien réelles : elle renforce le soupçon envers les couples, ce qui donne alors du crédit aux contrôles de leur vie intime et la fréquence des questions blessantes à la « tu es sur qu’elle t’aime vraiment ? » de l’entourage des couples binationaux.

« Qu’est-ce qu’on a fait au bon dieu ? » fut un énorme succès au box office : le film présente non seulement chaque personne de façon stéréotypée, mais s’appuie sur l’idée que chacun a ses propres clichés et qu’il suffirait d’en rire tous ensemble pour que cela ne pose pas de problème… Bien entendu, nous ne reviendrons pas sur ce constat : nous avons tou.te.s des préjugés. La limite du raisonnement de ce film, comme d’autres, c’est d’ « oublier » de considérer le racisme comme étant une structure discriminatoire avec une hiérarchie globale et transversale. La discrimination qu’expérimentent les personnes racisées dépasse largement les préjugées du quotidien. Les a priori du père noir évoqués dans le film, ne sont clairement pas comparable aux visions racistes du père blanc. Le film reflète alors en lui-même un privilège des personnes non-racisés (blanches), qui est cette possibilité de banaliser l’aspect structurel du racisme (voir à ce sujet le concept du « racial color blindness », encore peu usité en France, évoqué dans un article en anglais sur thegardian.com).

De plus, ces films servent souvent tout un cocktail de clichés : misogynie, homophobie, pauvrophobie, racisme ordinaire, grossophobie … sont alors de la partie.

Au moment de la sortie de ces films les Amoureux au ban public sont régulièrement contactés par les médias, pour prendre la parole sur l’accueil de la belle famille, la difficulté de vivre une double culture au quotidien ou les incompréhensions liées à deux pratiques religieuses différentes comme pour faire écho aux propos du film. Il nous arrive de ne pas répondre à ces sollicitations car les conditions d’intervention proposées sont biaisées, mais aussi par crainte de n’être qu’un faire valoir et de ne pas être entendus sur l’essentiel de notre sujet : la situation réelle des couples binationaux en France aujourd’hui, notamment face à l’administration.

A chaque sortie annoncée, nous oscillons entre crainte et espoir de voir enfin un film documenté et une problématique sociétale décortiquée et/ou dénoncée. A moins que nous ne réalisions un jour ce film nous-même, sur un scénario co-écrit avec les couples que nous avons rencontrés… chiche ?

En attendant, que faire alors contre cette attaque cinématographique contre notre vie amoureuse ?

Témoigner de la réalité par tous moyens et contredire le propos dès que l’occasion se présente !

Et sinon, regarder des films qui ont peut-être eu un peu moins de couverture médiatique :

On vous conseille par exemple :

  • « Loving » (2017) de Jeff Nichols raconte l’histoire du couple Mildred et Richard Loving, dont nous célébrons la victoire lors du Loving Day le 12 juin.
  •  « Nous irons vivre ailleurs » (2013) de Nicolas Karolszyk parle du jeune Zola et de son périlleux voyage pour la France.

Ce ne sont pas des comédies…

Sep 252017
 

«  C’est un appel au secours que nous lançons aujourd’hui afin de permettre à mon mari de rester en France. Nous avons besoin du soutien et des idées des gens. * »

Découvrez la pétition de soutien à Azadar et Daphné, lancée par le couple lui-même via la plateforme change.org !

Les Amoureux au ban public se font le relai du couple, pour les aider à récolter des signatures.

A signer, à diffuser, à partager sans modération…

Daphné a également répondu à une interview pour « La voix du Nord », lisez son histoire sur le site du journal. (*extrait tirés de l’article)

 

 Publié par le 25 septembre 2017
Sep 252017
 

Nous nous sommes rencontrés en août 2014 à la Seyne-sur-Mer alors que j’étais en congés avec mes enfants.

A l’époque je suivais encore un traitement pour dépression, et ce depuis 5 ans.

Il est tunisien et était entré avec un contrat de travail en France mais son visa n’avait pas été renouvelé…

Nous nous sommes tout de suite plu, nous avons discuté, puis nous nous sommes vus régulièrement. Lorsque je suis rentrée chez moi, nous sommes restés en contact, puis il a décidé de venir passer un week-end à la maison, c’était le 13 septembre 2014.

Il n’aurait sans doute jamais dû repartir vers le sud… Nous avions décidé de nous installer ensemble mais il souhaitait récupérer ses affaires : il s’est fait arrêter à la sortie d’un chantier le 24 septembre 2014… et là l’enfer commence. Pourtant, malgré cet enfer « administratif », Mahdi me fait revivre: grâce à lui, sa gentillesse, son courage, je reprends goût à la vie et je parviens à stopper mon traitement en février 2015.

Suite à un premier recours non abouti, nous nous pacsons le 30 juillet 2015 (je n’étais pas très chaude pour le mariage, étant divorcée, mais je le regrette maintenant). Malheureusement, mal informés sur le droit des étrangers, on dépose un dossier de demande de visa temporaire à la préfecture quelques semaines plus tard. Ce visa est refusé et il fait l’objet alors d’un second OQTF. On refait alors l’ensemble des démarches: appel devant le tribunal administratif… en vain.

Entre temps, on se marie. Mais rien n’y fait: on lui dit qu’il doit repartir en Tunisie faire sa demande de visa long séjour, qu’il n’y aura pas de problème pour revenir… C’était le 16 mars 2016…

Depuis nous sommes séparés, on s’appelle tous les jours, plusieurs fois par jour. Nous avons déposé un recours auprès de la commission des recours contre les refus de visa à Nantes. Je me suis rendue en Tunisie afin d’être auprès de lui. Lorsque j’ai demandé d’accéder au Consulat de France à Tunis en tant que ressortissante française, on m’a même refusé l’accès!

J’ai reçu aujourd’hui la décision de la commission: notre demande est rejetée, nous n’apportons pas la preuve suffisante d’une vie commune, malgré photos, témoignages, etc., et malgré mes aller-retour entre la France et la Tunisie (4 fois depuis notre séparation). On reproche à mon mari d’avoir eu une relation avant de me rencontrer…

Nous avons déposé un recours auprès du Tribunal administratif de Nantes depuis le 3 octobre 2016 et nous vivons depuis dans une attente interminable.

Je vis très mal cette situation et surtout cette suspicion, non seulement vis-à-vis de mon mari mais aussi de moi-même. J’ai toujours travaillé, payé mes impôts, et la seule chose que je demande c’est de me laisser vivre en paix avec l’homme que j’ai choisi. Nous souhaitons fonder une nouvelle famille, avoir un enfant, et je souhaite que cet enfant, que mes enfants, puissent grandir dans un pays qui respecte les droits de l’homme.

Nous allons continuer notre combat, pour tout ceux qui sont comme nous, mais aussi en mémoire de tout ceux qui ont dû se battre pour nos libertés. A mon amour que je n’abandonnerai pas malgré tout ce qu’on nous fait subir.

 

 Publié par le 25 septembre 2017
Sep 252017
 

Je suis française et mon conjoint est camerounais.
Et on vit loin l’un de l’autre depuis trop longtemps.
Avec Steve, nous nous sommes rencontrés en 2009, grâce à un séjour humanitaire au Cameroun. Nous sommes devenus amis.
3 ans plus tard, je retournais au Cameroun et notre relation évoluait en AMOUR. Depuis, nous sommes en couple.
J’ai réalisé de nombreux voyages au Cameroun, et notre amour a grandi.
Il a tenté des visas tourisme sans succès pour venir en France.
De notre amour est née une petite princesse métisse.
Il a fait toutes les démarches pour la reconnaître à l’ambassade de France à Yaoundé (ce qui n’est pas chose aisée).
Après plusieurs mois, la transcription s’est faite sur notre livret de famille à ma fille et moi.
On lui a là-bas conseillé le visa court séjour parent d’enfants français qui lui a été refusé car il ne présentait pas l’envie de rentrer au Cameroun: c’est pas possible!!
Il a fait un recours sur place et j’ai hélas moi attendu la réponse à son recours pour contacter la commission à Nantes du coup j’étais hors délai.
Cela faisait 18 mois que ma fille était née et que j’étais mère isolée… Je tiens bon mais qu’a-t-on fait de mal pour mériter ça ?
Suite à ce refus nous avons décidé de nous marier. Là-bas forcément, loin de nos familles puisque la majorité de sa famille est en Europe. Il n’avait que sa grande sœur et moi mon petit frère et ma meilleure amie. Nous nous sommes mariés le 18 avril 2017.

Nous avons pu déposer notre demande de visa pour rapprochement de conjoint que fin août n’ayant eu la transcription que fin juillet avec les vacances, la fermeture de la mairie de mon village…

Et désormais, nous attendons…

Mon stock de patience est épuisé pour toute une vie. Notre fille a 28 mois.

 

 Publié par le 25 septembre 2017
Sep 212017
 

Tout a commencé lorsque des amis m’ont parlé d’une de leur cousine, qui venait de vivre une rupture comme je venais de le vivre et qui souhaitait fonder une famille. Seul hic : ressortissante camerounaise, elle résidait au Cameroun alors que je résidais près de Paris.

Nous avons donc pris le temps de nous connaître d’abord par échange de mail puis par téléphone (de courtes conversations vu le coût des communications, et malgré le choix de l’opérateur le moins cher).

 Malgré mon scepticisme sur les relations à distance, nous nous sommes découverts petit à petit, appréciés, et lorsque je l’ai rejointe sur place dix mois plus tard en août 2014 à l’occasion d’un voyage pendant mes vacances, nous nous sommes séduits respectivement et plu immédiatement et avons décidés à la fin du séjour de ne plus nous quitter, donc de nous marier pour qu’elle puisse me rejoindre.

Un autre ami s’étant marié 3 ans plus tôt avec une ressortissante camerounaise m’a rassuré sur les délais administratifs liés à un tel projet (6 mois…)

 J’avais rencontré – et apprécié – sur place une partie de sa famille. Plein d’enthousiasme nous avons déposé ensemble la demande préalable de délivrance d’un certificat de capacité à mariage et de publication des bans dès le 8 septembre. Plein d’optimisme, nous avions fixé la date au 8 novembre et commencé à organiser la cérémonie.

 C’est alors que nous sommes allés de déconvenue en déconvenue. Des délais annoncés par téléphone par le Consulat de plus d’un an… Impossibilité (comme en France) d’organiser un mariage religieux dans l’attente de pouvoir célébrer civilement la cérémonie…

 Nous décidons de conserver la soirée de mariage et d’oublier temporairement l’officialisation du mariage. Après tout être marié est d’abord un état d’esprit partagé par-delà toute consécration religieuse, sociale ou civile (étatique).

 J’ai découvert avec indignation les effets d’une véritable xénophobie d’Etat où le conjoint français est clairement placé sous tutelle, suspecté de séduire par sa seule nationalité et non par ses qualités personnelles, suspecté de faiblesse coupable face à un exotisme forcément malhonnête…

 J’ai découvert que malgré les scores toujours minoritaires de l’extrême droite dans notre pays, mon gouvernement « de gauche » continuait dans le droit fil des gouvernements précédents depuis plusieurs dizaines d’années, à combattre non seulement l’immigration irrégulière mais même l’immigration régulière dans un même mouvement de repli sur soi névrotique.

 Ainsi, l’audition préalable prévue par le Code Civil à l’initiative de l’Officier d’Etat Civil s’est transformée en prise de rendez-vous indispensable et aléatoire sur internet par les conjoints… Le premier rendez-vous possible était au 8 janvier. Soit déjà quatre longs mois d’attente. Ne serait-il pas préférable de faire procéder à cette audition par voie de convocation avec le discernement requis pour n’y procéder que lorsqu’elle apparaît nécessaire ? L’administration consulaire devrait également assumer ses retards dans le traitement des dossiers (quel stock en cours ?)

On voit mal par ailleurs la raison pour laquelle la détermination par l’administration française de la capacité matrimoniale du conjoint français dans le cadre de la délivrance de ce certificat pourrait s’appuyer sur l’audition de l’époux étranger… à moins de rester dans le cadre caricatural précité de conjoints suspects, forcément suspects.

 Nous voulons juste nous marier ! Le mariage pour tous, oui, mais pas avec un « étranger » ? Où est passé cette République généreuse, rigoureuse mais juste, majoritaire en France et dont je défends les valeurs ?

 L’audition de ma conjointe le 8 janvier s’est révélé être un véritable interrogatoire avec questions identiques reformulées et choix par l’administration de la réponse la plus défavorable, signature du PV sans modification possible ni mention des remarques formulées à la relecture. Connaissez-vous l’âge de votre conjoint ? Oui, elle donne mon âge, devient « elle ne connaît pas la date de naissance de son conjoint »…

 Mon audition à la mairie de résidence (tendance UMP) se déroule nettement mieux même si le PV d’audition ne me sera pas communiqué et qu’on ne me demande pas de le valider. J’ai en effet la chance d’avoir appris à m’exprimer en public aisément, de pouvoir parler sans difficulté de choses qui me sont personnelles, et un ami très proche m’a motivé à bloc dans la perspective de l’audition.

L’adjoint au maire a l’air nerveux, au début j’essaie de le mettre à l’aise je lui parle de mon voyage dans le pays de ma future épouse et de ce que j’y ai observé, il termine l’entretien en m’indiquant que la mairie ne s’opposera pas à la délivrance du certificat de capacité.

 J’imagine facilement que ce genre d’audition peut très vite déraper avec des personnes plus fragiles que l’on va tenter de dissuader, ou qui vont se rendre compte qu’on tente de les piéger, de trouver des contradictions qui justifieraient une enquête du Procureur, voire une opposition à la délivrance du certificat de capacité ou une opposition au mariage.

Qui peut prétendre tout connaître de son époux, même après de longues années de vie commune, à plus forte raison avant que celle-ci ne débute réellement, par le mariage ?

 Les bans sont publiés dans les semaines qui suivent (10 jours de carence obligatoire d’affichage à la porte de ma mairie et du Consulat de France au Cameroun) et en l’absence d’une saisine du Procureur de la République, le certificat de capacité à mariage m’est finalement adressé mi-mars à mon domicile en France. Pour la petite histoire, les bans ont également été publiés au Cameroun (30 jours d’affichage selon la législation camerounaise), préalable à la demande du fameux certificat de capacité à mariage.

 Désormais, les mesures de publicité légales accomplies, nous pouvons nous marier. Les démarches administratives sont loin d’être terminées.

 Le mariage est fixé début avril.

 Tout se déroule parfaitement bien jusqu’à ce que je me présente au Consulat pour faire transcrire mon mariage, c’est à dire le faire reconnaître par les autorités françaises, préalable obligatoire à la délivrance d’un visa « conjoint de français » à mon épouse. J’ai la chance de pouvoir observer un magnifique et tout à fait illégal « refus au guichet » ce qui veut dire qu’on m’invite à envoyer mon dossier par voie postale et qu’on refuse de me le prendre. J’apprendrais plus tard qu’une telle pratique est couramment pratiquée dans nos préfectures, à l’égard des étrangers.

 Qu’à cela ne tienne, le dossier sera déposé ultérieurement selon les voies autorisées.

 A nouveau, je dois menacer l’administration française comme je l’avais fait en janvier (l’absence de publication des bans dans un délai raisonnable de quelques mois constitue un trouble manifestement illégal) : au niveau consulaire et auprès des services contentieux du Ministère des Affaires Etrangères.

 J’avertis poliment en citant la jurisprudence concernée qu’à défaut d’opposition officielle à la transcription basée sur des éléments nouveaux portées à la connaissance du Procureur de la République de Nantes (spécialisé et seul compétent juridiquement), je serai au regret de devoir engager la responsabilité de l’état.

 L’inaction de l’administration et l’absence d’exercice effectif de ses pouvoirs, en ce qu’elle m’empêche d’exercer mes droits à une vie privée et familiale oui, avec une étrangère, peut constituer un déni de justice si je ne suis pas mis en mesure de discuter ses décisions devant la juridiction concernée.

 Ma menace porte visiblement ses fruits puisque la transcription est faite 3 jours plus tard (début juin) avec une célérité inhabituelle en la matière. Dans les semaines qui suivent je reçois la copie de l’acte de transcription et un magnifique livret de famille édité par le ministère des affaires étrangères…

 Mon épouse peut désormais invoquer son statut de conjointe de français et solliciter le visa correspondant (d’une validité… d’un an…) qu’elle obtient cette fois sans trop de difficulté. Fin juillet, elle est là. J’ai fait rentrer en France une étrangère en situation régulière !

 Nos galères ne sont pas terminées. L’installation en France s’accompagne de formalités administratives diverses, il n’est pas forcément facile de lui ouvrir un compte en banque… et lors du renouvellement futur de son titre de séjour, il faudra à nouveau prouver la sincérité de notre couple, ou plus exactement sa normalité au regard des critères fantasmatiques de l’administration.

 Le prince, la princesse et leurs nombreux enfants ont souhaité rester anonymes parce que leur vie privée ne regarde personne. Pas même l’administration. Mais ça, c’est en théorie.

 Question pratique (posée lors de mon audition) : pourquoi n’avez pas demandé un visa en vue d’un mariage en France, suivie d’un retour du conjoint dans son pays pour demander un visa de long séjour ?

 Réponse personnelle = parce que :

1) les garanties procédurales sont bien plus minces…

2) psychologiquement, la faire venir, se marier puis la laisser repartir dans son pays est un non-sens absolu

3) le mariage est une occasion de fête, de faire se rencontrer les familles et les amis. En principe, ils connaissent déjà les deux époux. Ici, c’est elle qui quitte son travail, son logement, sa famille et son pays pour venir me rejoindre dans un environnement (que je découvre socialement hostile), différent par le climat et la nourriture. Il me paraît normal qu’elle se sente accompagnée dans sa démarche par son entourage là-bas, et que j’en profite pour me présenter largement à celui-ci.

Conseils aux audacieux qui voudraient se marier à l’étranger : consulter préalablement un avocat spécialisé, se rapprocher de l’Association des Amoureux au Ban Public, n’être d’aucune complaisance avec l’administration, exiger le strict et constant respect de nos droits, et provisionner le coût des procédures contentieuses potentielles.


 

 

 

 Publié par le 21 septembre 2017
Juin 162017
 

Toujours émerveillé.e.s par les célébrations du Loving Day dans 4 villes françaises, nous sommes ravi.e.s de partager les événements que nos partenaires européens ont également organisés à cette occasion :

 

En Suisse, IG Binational a invité la compagnie de théâtre Sapperlot à faire un spectacle improvisé à partir de mots clés proposés par le public le mercredi 7 juin.

session photo lors du Loving Day de IG Binational, Suisse

En Allemagne le Verband binationaler Familien und Partnerschaften a organisé deux événements :

le slam à Francfort

 

  • a Francfort-sur-le-Main, un slam sur le thème « Quand l’amour surmonte tout », le lundi 12 juin
  • à Brème, les amoureux binationaux ont fait la fête accompagné de la musique Cumbia de « Los Muckeros » et de Worldbeat avec DJ Viram et se sont régalés d’un banquet « oriental ».

 

 

Ehe ohne Grenzen dans les rues de Vienne

 

 

 

 

 

En Autriche, FIBEL et Ehe ohne Grenzen ont célébré le Loving Day le 12 juin avec des discussions en toute convivialité. Également au programme: de la sensibilisation dans les rues de Vienne à l’aide d’un bouquet de marié.e : Celui qui l’attrape, se fait contrôler : « Vers quelle destination avez-vous voyagé lors de vos troisièmes vacances ?  » « De quelle couleur est la brosse à dents de votre femme ? » « Quelle boisson est-ce que votre femme préfère au petit déjeuner ? »

Ehe ohne Grenzen a également participé au Liebessymposium à Vienne qui avait pour but d' »organiser plus d’amour », approche que la bloggeuse Kübra Gümüşay promeut face au repli identitaire et la haine de plus en plus organisés. Le Liebessymposium a eu lieu 10 juin avec une multitude d’activités variant de bodypainting, dessin, musique et de la danse !

Au Pays-Bas, Kleur Rijk a rejoint l’initiative Lovingday.nl à Rotterdam ! Le 9 juin, ils ont donné rendez-vous à une rencontre de couple mixtes de Rotterdam qui ont partagé leur expériences. L’écrivaine Carolijn Visser a parlé de son livre qui expose l’histoire d’une femme juive-néerlandaise qui était amoureuse d’un chinois à la période de Mao. Le 12 et 13 juin a eu lieu une conférence au sujet du « Pouvoir, intimité et l’Etat : Familles mixtes en Europe et ailleurs », pour parler des couples mixtes, discours négatifs et l’inégalité.

Ægteskab Uden Grænser, Danemark

 

 

 

Au Danemark, Ægteskab Uden Grænser  a invité son public pour une soirée festive avec musique, danse et un banquet partagé.

 

 

 

Et en Belgique, la célébration du Loving Day est encore à venir : Amoureux, vos papiers vous donne rendez-vous le samedi 1er juillet 2017, jour qui sera à la fois une célébration des couples, une permanence mensuelle qui se prolongera en événement festif l’après-midi, la date de célébration du mariage d’un de leurs couples et la date anniversaire des 2 ans d’Amoureux, Vos Papiers!

Nous continuons à organiser plus d’amour ! <3

Avr 112017
 

Le documentaire de Nicolas Ferran « Les Amoureux au ban public – le film » sera projeté le jeudi 20 avril 2016  à la Bibliothèque Andrée Chedid en présence du réalisateur et de membres du mouvement des Amoureux au ban public.

La projection sera suivie d’une rencontre avec le réalisateur, lui même fondateur du mouvement des Amoureux au ban public !

Horaires
De 19h à 21h
Lieu
Bibliothèque Andrée Chedid
36 rue Emeriau
75015 Paris
Métro ligne 10, station Charles Michels (438m) ou Avenue Emile Zola (439m)
Accès
Accès libre
Contacts
bibliotheque.andree-chedid@paris.fr
http://equipement.paris.fr/bibliotheque-andree-chedid-1734
https://www.facebook.com/BibliothequeAndreeChedid/