Sep 022011
 
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Un témoignage parmi beaucoup d’autres mais j’espère seulement qu’il redonnera de l’espoir à tous en ces temps où il ne fait pas bon aimer un étranger. Mon mari est algérien et nous sommes amoureux depuis août 2008. Il était ce que l’on appelle, à tort ou à raison, un sans-papier.

Croyez-moi nous nous sommes aimés très vite. Sa situation administrative nous a rattrapés trop tôt et en décembre 2008, c’est l’arrestation, brutale d’ailleurs, puis l’expulsion fin janvier 2009…visites au CRA…recours devant le juge puis l’avion…un mercredi matin, pour Alger. Un an…un an…à attendre son visa pour revenir en France auprès de moi via un autre pays de l’UE…j’ai la chance d’avoir les moyens financiers et un métier qui m’ont permis de partager avec lui chaque vacances scolaires. Le reste du temps, nous le partagions sur skype lors de nos longues soirées en tête à tête via l’écran de l’ordinateur…jamais je n’ai douté de nos retrouvailles. Il est arrivé fin janvier 2010 et nous nous sommes immédiatement installés en couple. Dépôt du dossier de mariage: officier d’état civil récalcitrant mais à qui nous avons rappelé la loi! simplement la loi! il ne peut pas s’opposer à un mariage à moins d’un soupçon de mariage blanc…bizarrement peu de temps après mon mari a été arrété et a passé une journée en GAV. J’ai ainsi été pleurer dans le bureau des officiers de police en expliquant notre parcours…J’avoue ne pas savoir trop pourquoi mais ils l’ont libéré avec un APRF, et nous avons pu nous marier trois jours plus tard la peur au ventre d’une arrestation de dernière minute. Le bureau des étrangers nous a téléphoné le lendemain de notre mariage pour menacer mon mari d’expulsion et d’envoi des forces de police à la maison…deux mois de cache-cache chez les amis et réseaux d’amis, le temps de nous armer d’une bonne avocate en droit des étrangers. Elle a trouvé une jurisprudence à Lyon, suite aux accords franco-algériens de 2001. Un ressortissant algérien avec un APRF en cours et marié avec une française n’est pas obligé de rentrer en Algérie pour obtenir un visa de conjoint de français, il peut rester sur le sol français auprès de sa famille et doit obtenir un titre de séjour. Armés de cette jurisprudence et de notre avocate, nous sommes partis au bureau des étrangers réclamer l’application de nos droits et la fin du harcèlement: gain de cause…ils n’ont rien pu faire d’autre que d’appliquer cette jurisprudence, donc appliquer la loi! Nous avons partagé avec mon mari d’intenses moments de bonheur mais également de grands moments de découragement, de colère et de peur…peur de devoir nous séparer à nouveau comme cela nous était arrivé. Ces sentiments mêlés sont indescriptibles et nous sommes seuls, seuls face à une machine administrative injuste, menaçante et menteuse de surcroît. Je n’oublierai jamais ces deux années et demi de lutte. Notre couple s’est construit là-dessus. Je n’oublierai jamais dans quel pays je vis: un pays qui aujourd’hui nie les droits de l’homme. Tant que je vivrai, je m’indignerai de toutes ces situations. Ne lâchez rien, battez-vous jusqu’au bout. Les choses changent et le droit, pour les couples mixtes, à mener une vie familiale est respectable.

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