Oct 012013
 
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Nous nous sommes rencontrés comme tout couple « normal ». La seule différence, des papiers comme on dit. Cela peut paraître un détail, mais c’est loin de l’être, un vrai combat s’ouvrait devant nous.

Les jours, les soirées, les mois passent et notre amour grandit. Nous nous aimons, nous partageons notre quotidien, comme tous les couples pourrait-on penser. Et bien non, la seule différence est une carte de séjour. Ce n’est certes qu’un détail pourrait-on penser, mais pas en France.

Dans ma tête ce n’était absolument pas un souci, ce n’était pas un délinquant, juste une personne sans papiers. Je l’ai toujours soutenu dans ces démarches, j’étais à ses côtés pour régler cette histoire de papiers qui était mineure pour moi. J’étais encore loin d’imaginer le quotidien que vivent les personnes sans droits ni reconnaissance, dans l’obligation de se cacher, bloquées sur le territoire. Nous décidons donc de nous marier, sûrs de notre relation, de notre amour, de notre avenir avec des projets plein la tête.

Nous décidons de nous marier 3 mois plus tard, et là commence notre parcours du combattant. J’avais constamment cette boule au ventre qui était présente. Cette peur qu’il soit arrêté, mis en centre de rétention. Je vivais avec elle, elle m’habitait. Un appel manqué ou des messages sans réponse étaient pour moi des signes d’arrestation. Il n’avait pas de papiers mais moi non plus. Je vivais comme lui, cachée, angoissée. Chaque démarche, déplacement, voyage est normalement anodin mais cela devenait une source de problème, de stress. Tout devenait compliqué.

Nous déposons donc notre dossier à la mairie de Bagnolet pour demander notre union. Et là, évidemment, on nous demande une audition pour vérifier notre amour et sa véracité. Nous serons convoqués deux semaines plus tard. Le pire est que nous répétions notre entretien par peur de le rater, par peur d’être mal jugés. Nous avions peur de ne pas pouvoir répondre aux questions, cette rencontre était le sésame pour notre mariage, sans lui pas de cérémonie. Tout reposait sur ces 15 minutes passées avec l’agent de la mairie. Notre amour et notre futur étaient entre ses mains. Nous avions quelques minutes pour prouver notre amour, simplement parce que nous sommes de deux pays différents. Ce sentiment d’injustice m’envahissait, mais nous devions rester soudés et se plier à cet entretien, humiliant à mon sens.  

Cette étape s’est révélée pour nous une simple démarche. L’entretien a été court et succinct. Nous avons eu l’ « autorisation de nous marier ».

Néanmoins, l’angoisse de l’arrestation avant le mariage ou sur les marches de la mairie était présente. Nous faisions en sorte de pas y penser, et de préparer ce jour magique comme tout couple dit « normal ».

Nous nous marions sans souci, avec nos amis, nos familles… Cette journée a été magique.

Nous décidons de déposer notre dossier à la préfecture deux semaines après le mariage. Nous mettons tous les papiers possibles qui peuvent prouver notre vie commune : EDF, les impôts, les fiches de paye, les livraisons à domicile, les témoignages des proches… Et là commence l’épreuve de Bobigny ! Nous commençons notre file d’attente à la porte 1 la veille à 20h pour être sûrs de passer le lendemain. Plus les heures avancent dans la nuit, plus la queue s’agrandit. Des femmes, des enfants, des personnes âgées viennent dormir devant Bobigny pour rentrer.

Les gens vendent des places, se poussent, s’insultent. J’ai vraiment été choquée par la maltraitance infligée aux étrangers.

A 8h du matin, les portes s’ouvrent. Nous obtiendrons un rendez-vous pour le dépôt de dossier 3 mois plus tard. Fin septembre 2012, nous refaisons la queue à la porte 2 dans les mêmes conditions. Nous déposons notre dossier sans souci. Kader obtient un récépissé avec autorisation de travail. Pour nous, c’était une première victoire. En octobre, comme un miracle, une convocation pour la visite médicale de l’OFII est dans notre boîte aux lettres. Ça y est, Kader avait ses papiers. Je ne pourrais pas décrire le bonheur qu’on a ressenti. On avait gagné, on avait des papiers. Un sentiment de liberté nous a envahis.

Deux semaines après, sa carte était prête. Aujourd'hui, Kader renouvelle sa carte. Il a pu obtenir une carte de résident de 10 ans ! Le bonheur est immense pour nous… Nous avons la sensation d’avoir gagné notre combat ! Kader a pu me faire découvrir son pays, sa famille cet été, c’était un moment magique rempli de joie et de bonheur !

Nous avons eu beaucoup de chance et peu de soucis comparé à d’autres couples. A part l’enfer des queues de Bobigny, notre dossier n’a pas connu de ralentissement ou de refus. J’espère donner de l’espoir à des couples. Il faut toujours y croire, et nous souhaitons sincèrement remercier les Amoureux au ban public pour leurs soutien et précieux conseils !

Virginie

Sep 252013
 
Merci les Amoureux au ban public !!!

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Juin 292013
 
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Juin 122013
 
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Ahmed est un marocain de 36 ans, arrivé en Europe pour travailler, plus précisément en Italie, où des patrons peu scrupuleux vendent des contrats de travail… Sauf qu’arrivé à Milan, l’employeur disparait ; Ahmed rejoint alors la Bretagne où vit sa sœur depuis 25 ans. En 2010, il rencontre Martine, 42 ans, célibataire à Rennes. Quelques […]

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